La Seule Peur qui me fait Avancer
Je suis la meuf la plus peureuse que je connaisse.
Non sérieux c’est un truc de fou. Y’a des jours (comme aujourd’hui) où le monde entier me semble tellement hostile que je n'ose pas sortir de chez moi.
Devoir affronter le monde, les gens, entretenir des conversations, des regards, gérer toutes sortes de situations ça me fout une trouille d’enfer à chaque fois.
C’est pareil pour tout ce que je publie. Les écrits, les vidéos youtube. On me dit « ça va, t’as l’air plutôt à l’aise derrière la caméra ! » ou bien « ça a pas l’air d’être trop dur pour toi d’écrire autant de trucs publics ! ».
Ha si tu savais.
A chaque fois que je clique sur le bouton « publish » (ouais parce que va savoir mon facebook est en english), j’ai envie de mourir. J’ai l’impression que mon univers explose. J’ai envie de tout arrêter, de mettre ma tête dans l’oreiller et de ne plus jamais bouger. Je me construirais une cabane sous la couette et on me ravitaillerait en biscuits et puis fini je ne ferais plus rien. Rien du tout.
Pendant des années elles m’ont freinées mes peurs.
Et ma vie stagnait.
Moi aussi je stagnais.
J’avais compris qu’en obéissant aux peurs c’est presque comme si on ordonnait au temps de s’arrêter et souvent ça me rassurait.
Et puis un jour une nouvelle peur est arrivée. Elle était bien plus puissante que les autres celles-là. Elle s’est présentée comme ça et lentement a pris possession du royaume.
Bientôt toutes les autres peurs se sont mises à la respecter.
Elle avait un tel pouvoir qu’aucune ne pouvait lui résister. Même moi j’ai tenté. Mais impossible. Elle n’était pas comme les autres qui venaient m’emmerder presque par habitude. Non cette peur là avait une autre mission en tête. C’était autre chose qui la poussait.
Je crois bien qu’elle est venue pour me sauver.
Car c’est la seule peur qui me fait avancer.
C’est la peur de ne pas avoir essayé.
C’est la peur de ne pas avoir vécu.
C’est la peur de n’avoir jamais su.
De n’avoir jamais su tout ce qui aurait pu se passer, tout ce que j’aurais pu expérimenter, tout ce que j’aurais pu créer dans ce monde juste en osant chaque jour, à chaque instant.
C’est la peur de me réveiller dans dix, vingt, cinquante ans et repenser à toutes ces expériences que j’aurais pu vivre.
A toutes ces relations que j’aurais pu former.
A toutes ces opportunités que j’aurais pu créer.
C’est la peur d’être passée à côté du plus magique, du plus douloureux, du plus fou, du plus inattendu, du plus farfelu, du plus extraordinaire.
Depuis qu’elle gère le royaume, cette peur m’a fait faire des trucs impensables. Des trucs qui me font des fois regarder la situation d’en haut en me disant « mais what the fuck Laura ?? ».
Depuis qu’elle gère le royaume je suis tombée bien plus souvent.
Je me suis prise des coups à l’égo, des coups au cœur.
J’en ai parfois eu tellement mal que c’était dur de se relever.
Mais elle ne laisse rien passer. Dès qu’elle voit que ça traine elle me donne un coup de pieds en me sifflant « Laura on continue t’as plus le choix ! ».
Elle m’épuise, j’te jure elle m’épuise. Elle m’écoute pas quand je lui dit que VLA aujourd’hui c’est FINI je ne bougerai PAS. Je n’avancerai plus.
Elle me sourit presque en disant « Allez y’a pas le temps pour tes conneries ma jolie, on continue ! ».
Y’a des jours je l’enverrais bien balader, je me ferais un plaisir de la détrôner et avec toutes les autres, toutes les petites peurs minables on créerait l’anarchie, on se révolterait, et on entamerait une grève de la vie. Notre slogan ça serait « sur-place » et elles me laisseraient dormir tout le temps si j’en ai envie.
Mais je crois que même si je le voulais je n’y arriverais pas.
La Reine et moi on est devenues bien plus qu’amies. C’est l’amitié à la vie à la mort, et avec elle chaque jour est une aventure. Tu sais c’est comme quand tu rencontres quelqu’un avec qui t’as beau vouloir arrêter, tu sais que c’est pas trop possible parce qu’ensemble vous créez de la magie, le type de magie que tu ne sais pas faire tout seul. C’est de la magie qui éclabousse, de la magie qui chamboule tout, c’est celle qui a le pouvoir de t’embarquer avec une telle force que toi même t’as de la peine à te reconnaître.
Alors je lui ai cédé le royaume.
J’ai arrêté de résister.
Et même si elle m’embarque des fois dans des trucs pas possibles je lui fais confiance les yeux fermés.
Ma PHILOSOPHIE de VIE
Ce weekend au Meetup j’ai amené une série de questions pour fondre la glace (ouep parce que je me disais que fondre la glace c’était bien mieux que de simplement la briser :p).
C’est une liste que j’avais tiré d’internet après une recherche hyper approfondie (ahem) sur google où j’ai tapé « deep questions to connect ».
La première question je l’ai trouvée bizarre au début :
Quelle est ta philosophie de vie ?
Heu ma what ? Ma philosophie de vie ?
Damn. Pas si simple comme question.
Mais ça m’est resté. J’y ai pensé tout le weekend.
Et j’ai réalisé un truc : c’est grâce à ma philosophie que je kiffe ma vie.
C’est grâce à ma philosophie de vie que je me sens libre.
Il y a trois règles d’or dans ma philosophie de vie.
Trois règles qui doivent être respectées pour chacune de mes décisions.
Elles me servent de boussole, et je les utilise à chaque instant.
N°1 : Est-ce que cette décision va me faire sentir LIBRE ? Libre dans ma tête, libre d’être moi ?
J’ai raconté dans mon autre blog cette fois où j’ai failli prendre un joli job de bureau à Londres (et tu sais quoi j’ai faillis le refaire en Suisse !).
Les entretiens s’étaient super bien passés et tout mais c’est au moment où je devais prendre la décision que je me suis vite passée les 3 règles d’or dans la tête.
J’ai compris que si j’acceptais je ne me sentirais pas libre.
Je devrais me fondre dans la façon qu’ils avaient de fonctionner.
Je devrais m’habiller d’une certaine manière et respecter le silence des lieux.
J’ai compris que le travail en soi m’étoufferait.
Alors là tu me diras « ouii mais c’est pareil pour tous les jobs non ? »
Bah non, c’est ça le truc.
Pour moi être libre c’est être libre d’être la personne que tu veux être.
C’est être accepté entièrement pour cette personne là, sans devoir te plier à des règles qui n’ont aucun sens.
Ca ne veut pas dire que tu ne vas pas te remettre en question et t’améliorer.
Ca veut juste dire qu’on t’aime déjà pour qui tu es là maintenant tout de suite.
Les boîtes les plus malignes commencent à le comprendre.
Elles commencent à comprendre qu’un employé qui se sent libre d’être LUI-même, libre de s’exprimer, pourra vraiment s’épanouir et faire du bon travail.
Elles commencent à comprendre que l’ambiance est primordiale, et que le respect et la tolérance des différences de l’équipe sont un des facteurs du succès.
Elles commencent à comprendre qu’un employé ne doit pas être micro-managé et qu’il faut lui laisser prendre des risques sans qu’il ne se sente menacé si jamais ça échoue.
Malheureusement ces boîtes sont encore une minorité.
Donc tu vois, oui j’aurais pu dire oui à un job qui fait genre sur un CV.
Mais à cette époque je bossais dans une auberge où le patron nous faisait tellement confiance qu’on gérait tout nous-même.
Où l’ambiance était bien plus importante que tout le reste.
Où je bossais à pieds nus en portant des bas de pyjama si ça me plaisait.
Où on était aimés et acceptés pour qui on était.
Parce que l’important c’était le travail bien fait.
L’important c’était l'expérience qu’on offrait.
Alors la décision a été facile. Oui à la liberté. Tant pis pour le CV.
N°2 : Est-ce que je vais apprendre chaque jour ? Est-ce que je deviendrai une meilleure version de moi-même, est-ce que ça m’aidera à m’améliorer ?
Oui, je sais on apprend tous les jours. Mais faut bien que reconnaître que y’a des situations où tu apprends beaucoup plus.
Tu vois, si j’avais pris le job de bureau, après quelques semaines j’aurais compris la routine. Répondre aux mails, au téléphone, expliquer le concept de la boîte aux clients.
J’aurais du passer des après-midi entières à faire des tableaux excel et franchement même si j’y connais rien j’imagine qu’on a vite fait le tour.
Si encore j’avais eu de l’admiration pour le patron de la boîte, j’aurais peut-être pu apprendre de lui.
Mais il ne m’inspirait pas du tout confiance, tu sentais que y’avait que le fric qui l’intéressait et ça pour moi c’est une attitude qui n’aide personne à s’améliorer.
Alors peut-être que sur papier, mon job dans l’auberge c’est pas un truc qui augmente mes skills de manière exponentielle.
Mais en réalité ça l’a été pour moi.
Parce que j’ai pu y rencontrer chaque jour des centaines personnes du monde entier.
Parce que j’ai pu poser des question et m’intéresser au quotidien de chacun de ces être humains, de chacun de ces parcours de vie.
Parce qu’ils venaient tous de milieux différents, de pays différents, pour des raisons différentes et j’ai appris énormément sur la vie d’acteur, de programmeur, d’artiste, de chanteur, de scientifique, d’écrivain, de journaliste, de sportif professionnel, de designer, de photographe, et bien d’autres.
Parce que chaque soir où je devais nettoyer la cuisine, j’écoutais des podcasts, je m’assurais d’apprendre continuellement, et ça je pouvais le faire parce que ça ne dérangeait personne tant que la cuisine était propre. (Tu vois je crois pas qu’ils m’auraient laissée écouter des podcasts devant les tableaux excels :p)
Parce que je n’avais pas le stress que j’aurais expérimenté ailleurs, j’avais plus de temps pour me concentrer sur mes passions.
Parce que l’intimité des lieux a permis des milliers de discussions magiques, profondes, vulnérables, j’ai appris beaucoup plus sur l’humain et la vie que n’importe quelle école aurait pu m’enseigner.
Oui à l'apprentissage de vie. Oui à l'éducation par l'humain. Tant pis pour le CV.
N°3 Est-ce que je vais m’amuser ? Est-ce que je peux y trouver du FUN ?
Ca c’est super important pour moi.
Est-ce que je vais y prendre du plaisir.
Est-ce que ça va me faire kiffer.
Bon j’ai de la chance j’ai tendance à m’amuser où que j’aille.
Mais quand même.
Faut que ça me tripe avant tout.
Faut que ce soit FUN !
Alors tu penses bien, entre le bureau étouffant et l'auberge heu..
Oui au FUN! (et tant pis pour le CV!)
***
Je me pose ces trois questions pour chaque décision.
Pour mes projets. Pour les jobs. Pour les relations.
Et je n’ai JAMAIS l’impression que je n’ai pas le choix.
Parce qu’on a toujours le choix.
Si tu veux un autre job, apprends les skills d’un autre job.
Apprends à te vendre.
Apprends à te démarquer.
Apprends à te faire un réseau.
Si tu veux des amis qui partagent ta philosophie c’est pareil.
Améliore tes compétences sociales.
Apprends à écouter. (Sérieux, écoute. Vraiment.)
Trouve-les bonnes personnes.
Fais ce qu’il faut pour respecter ta philosophie de vie.
C’est important.
Même si tu n’y arrives pas tout le temps.
Fais en sorte de la respecter souvent.
Parce que c’est comme ça qu’on change les choses.
Tu sais ce qui me motive à la respecter ma philosophie de vie?
C'est que je me dis que si chaque être humain se sent libre, qu’il apprend en tentant de s’améliorer tous les jours et qu’il s’amuse, je crois qu’on est bien parti pour révolutionner l’humanité.
Liberté, Education et FUN. (ouep je crois que ça sera ça mon slogan de vie. Sorry les Français , le mien cartonne bien plus :p)
Et toi, dis-moi, c’est quoi ta philosophie de vie ?
Fais QUELQUE CHOSE
J'ai enfin vu le film "l'Etrange Histoire de Benjamin Button" et ça m'a inspirée une vidéo.
Do something.
Fais QUELQUE CHOSE.
N'importe quoi.
Mais fais-le.