Laura Nathalie Laura Nathalie

La Bibliothèque Sur Demande

« Tu sais j’ai remarqué un truc. Je ressens un vide. Comme s’il me manquait quelque chose. Et je crois que j’ai compris ce que c’était : je n’ai pas de livres ! » 

« Ah oui, t’as l’air d’être le genre à te balader avec un bouquin! »

« Bah oui, j’ai toujours un livre dans mon sac d’habitude ! Je suis partie sans livres en pensant que je n’aurais pas le temps de lire. Et puis c’est vrai, je n’ai pas le temps. Mais.. mais.. » 

Mais il faut que j’en trouve un. 
Il faut que je trouve un livre.
Je repensais à cette discussion avec le couchsurfer de la veille en me baladant dans les rues de Soleure. 
C’est joli comme ville Soleure. 
Je sais pas trop si c’est la musique hongroise dans les rues, les vieux immeubles blancs ou la charmante vieille ville, mais je me sentait bien. 
Je me disais que je m’arrêterais ici, que je trouverais un appart sous les toits. 
Je me disais que je tomberais folle amoureuse de cette ville, qu’on aurait une histoire passionnée que pour une fois j’hésiterais à quitter.

Bon Laura ça fait une demi-heure que tu tournes. 
Je sais t’étais en pleine romance mais il est déjà 18h, les magasins vont fermer. 
Utilise ton téléphone, t’as pas internet pour rien. 
Ok, ok. 
Alors heuu.. librairie en allemand on dit comment ?
Buch..heuu. Buch was ? 
Bon je mets Buch on verra bien. 
Ah ouais nope, ça marche pas on dirait. 
Damn. 
Ils ont Payot ? La Fnac ? « Payot Soleure ». Hmmm non.  
Ah, tiens un centre commercial.
Toujours pas de livres. 
C’est où qu’ils se procurent les livres les gens ici ?
Ils font peut-être tout par internet ? 
Comment je vais faire moi si je viens vivre ici? 
Tsss Laura c’est tellement toi ça: à peine tu tombes pour un lieu que tu lui trouves déjà des trucs qui vont pas. 
Bref, reprenons. 

Je suis repartie en direction de la vieille ville d’un pas décidé. 
Je ne quitterai pas Soleure sans livres. 
C’était devenu vital. 
Tu comprends quand j’étais gosse les livres c’était toute ma vie. 
J’en ai pas touché un pendant presque trois semaines, et j’avais beau faire genre je m’en fichais c’était pas vrai. 

Les gars, je vais vous confier quelque chose (oui parce que je me disais que mon amour chelou pour les livres – et heu Soleure- c’était pas assez). 
Y’a un truc assez fou qui est ressorti de plusieurs interviews. 
Cette idée que juste quand tu as besoin de quelque chose, cette chose apparaît. 
Les clients par exemples. « A chaque fois que je me dis que j’ai besoin de commandes, le téléphone sonne.».
C’est revenu plusieurs fois. 

Mais attention c’est pas juste attendre pépère. 
C’est avoir déjà pris des actions. 
C’est être dans le bon état d’esprit. 
C’est être prêt pour les opportunités, sans ressentir le manque. 
Ok Laura. T’es pas en manque de livres. Ce serait cool si tu trouvais (et meuf tu vas trouver !) mais t’es pas en manque. Détache ton intérêt. Profite de la ville. Balade-toi tranquille. Tu finiras par trouver. 

A peine je me suis dis ça que PAF ! 
Juste devant moi se dresse une grande bibliothèque de rue. 
Et elle était pleine à craquer. Pleine de livres à dévorer. 
Le dernier « book exchange » aussi grand que j’avais vu, c’était dans un aéroport. Et il était tout vide à part un vieux dictionnaire (quoique c’est peut-être pour ça qu’il était vide. Pas marrant quand t’es un chouette roman d’avoir comme coloc un dico. Pauvre dico.)

J’ai commencé à chercher un livre, juste un seul qui ne soit pas en allemand. 
Et à nouveau, juste au moment où je me disais ça PAF ! 
Des livres français. Des livres anglais. 
Des romans, des nouvelles, du développement personnel. 
Sur le devant des vitres c’était écrit un truc du genre « Servez-vous autant que vous voulez. »
Je suis repartie avec trois livres. 

Ca m’a fait penser à Harry Potter, tu sais la Salle-Sur-Demande ? Celle qui n’apparaît que si tu la demandes mais pas tout le temps ?

Y’en a qui diront « bah, y’a rien de magique à ton histoire Laura! ». 
Peut-être.
Et dude, je te comprends tu sais je suis quelqu’un de plutôt rationnelle.
Mais j’étais déjà passée par là une première fois. 
C’est seulement quand j’étais prête à la voir cette bibliothèque, qu’elle m’est apparu. 
Tu peux interpréter cette histoire comme tu veux. 

Ce que j’en retire c’est ça : tout ce dont tu as besoin est déjà là. 
Qu’il suffit d’ouvrir les yeux. 
De prendre les bonnes actions. 
De kiffer ton chemin.
De demander sans être désespéré. 
Et tu verras : ce dont tu as besoin finira toujours par venir à toi.

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Laura Nathalie Laura Nathalie

La Règle des Trois Ans

J’étais assise pépère avec dans un café à Neuchâtel quand un type rentre à l’improviste et me demande s’il peut s’asseoir à ma table pour charger son téléphone (la prise était à côté de ma chaise.)

Ensuite il enchaîne appel sur appel, et ça sent le stress, mais le stress pas négatif, celui du type qui a un projet important avec tout un tas d’enjeux et de responsabilités. 

Ouep, je me suis dit : ça sent l’entrepreneur. 

Entre deux appels il se tourne vers moi pour s’excuser : 

« Désolé d’envahir votre espace ! »

« Pas de soucis ! Mais dîtes-moi, je suis curieuse. Vous êtes entrepreneur ? »

« Oui, on peut dire ça ! Ca fait 10 ans que je travaille à mon compte, je suis consultant en aéronautique. Là c’est un peu le stress, on a un gros contrat en jeu… et vous, vous êtes étudiante ?»

« En ce moment j’ai fait le tour de Suisse Romande à vélo pour interviewer des entrepreneurs/indépendants. Du coup votre conversation m’a intriguée ! »

« Aha, intéressant ! Alors laissez-moi vous dire trois choses: 

Déjà, on ne s’improvise pas entrepreneur. 
Il faut une certaine personnalité. 
Il faut tenir le coup quoiqu’il arrive. 
Quand tout va mal, il faut garder la tête hors de l’eau. 
Et il faut vraiment y croire. 

Ensuite, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. 
Beaucoup de gens font cette erreur. 
Ils créent un joli site, un logo, ils vont même jusqu’à créer leur société alors qu’ils n’ont pas encore de clients ! 
Il faut d’abord le client. Un premier client.
Et c’est cette relation entre la valeur que tu offres et l’argent qu’il te donne en retour qui va te permettre de créer tout le reste et d’avancer. 

Enfin, il faut de la patience. 
Les premières années quand l’argent entre tu reverses tout dans l’entreprise. 
Trois ans. 
Il faut trois ans avant de pouvoir commencer à se relaxer et sentir si ça marche vraiment. »

« Trois ans ? C’est comme les relations amoureuses ! » 

« Haha oui exactement ! Ca doit être le chiffre magique. Quand tu commences à voir si t’es ok de voir les chaussettes de l’autre traîner partout dans ton appart. 
Trois ans. C’est pareil pour l’entrepreneuriat. »

Ils disent qu’en couple, c’est l’amour qui dure 3 ans. 
Pour que ça marche au-delà il faut des valeurs communes, regarder dans la même direction, être prêt à surmonter les galères ensemble et surtout une vraie vision. 

Alors oui, je crois qu’il a raison. D’une certaine façon l’entrepreneuriat c’est comme les relations. 

(P.S. : Je l’ai déjà dit mais les rencontres je crois de moins en moins que c’est du hasard.
Il suffit d’y prêter attention et de saisir les occasions.

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Laura Nathalie Laura Nathalie

Tu peux TOUT avoir dans la vie

Je suis persuadée qu’il est possible de TOUT avoir dans la vie.
Tiens, prends ce voyage. 
C’est une combinaison de plusieurs projets que j’avais en tête de puis un moment. 

- M’essayer au cyclo-voyage
- Commencer un podcast pour avoir des conversations profondes avec des gens passionnants  
- Découvrir mon pays un peu mieux
- Utiliser la magie du vélo pour clarifier la vision de ce que je veux accomplir dans le monde
- Faire le tout avec un petit budget et montrer qu’il ne faut pas beaucoup de ressources ni d’expérience pour se lancer dans un chouette projet. 

Alors oui je crois qu’on peut tout avoir!
Par contre je commence à comprendre ceux qui disent que c’est possible, mais que tout a un prix. 
Quand tu réalises un truc que tu désires, quand tu obtiens quelque chose que tu souhaites, tu hérites aussi de son lot de problèmes. 

Le cyclo-voyage c’est sympa mais c’est pas si simple en soi. 
Faut être ok physiquement pour ne pas abandonner quand c’est dur, 
faut accepter de voyager avec très peu d’affaires, 
faut trouver le chemin, 
faut être d’accord de sentir la transpi, d’avoir chaud, froid, de rouler sous la pluie, 
faut trouver un moyen pour laver ses habits et
faut savoir se démerder quand tu crèves un pneu ou que tu casses un frein. 

A ça tu rajoutes mon histoire de podcast, trouver les gens à interviewer, m’accorder avec eux sur un lieu assez calme et l’heure, faire en sorte d’arriver à l’heure (donc éviter le pneu crevé juste avant si possible) puis trouver du temps et du wifi pour mettre le tout en ligne. 

Ensuite comme mon budget est petit puis que le but c’est aussi les rencontres, il faut trouver chaque soir un endroit où dormir : 
envoyer des messages sur Couchsurfing et Warmshower (le Couchsurfing des cyclistes) et à nouveau coordonner ça avec les interviews et mon état de fatigue en sachant qu’en arrivant je vais aussi passer du temps avec mes hôtes, parce que c’est la moindre des choses et puis c’est plutôt cool. 

Y’a aussi le fait que j’utilise une simple application sur mon téléphone pour enregistrer les podcasts et je ne fais pas de montage, donc faut être ok de présenter ça à ceux que j’interview même si ça peut sembler bricolé.

Puis si je trouve le temps entre tout ça, m’extasier sur la beauté de la Suisse, prendre des photos et écrire pour mieux clarifier ma vision. 

Ouep, rien que ça. 
Damn rien que de l’écrire je suis épuisée haha !
Les gens mais qu’est-ce que je fais là ? :D

Ah je sais, je sais, c’est moi qui ai choisis de faire ça. 
Bon entre nous, je ne sais pas si je vais le faire encore longtemps. 
Mais c’est une sacrée expérience. 
C’est un cours accéléré d’entrepreneuriat, un concentré de magnifiques rencontres et un shot puissant de confiance en soi. 

Et surtout j’ai appris ça : que oui, tu peux TOUT avoir dans la vie. 
Tant que tu le décides. 
Mais que c’est pas forcément facile. 
Ca demande beaucoup. 

Donc si tu veux
ET un business du tonnerre qui transforme la vie des autres, 
ET avoir un impact sur le monde, 
ET voyager dans le monde entier, 
ET des amitiés géniales, 
ET de très bons rapports avec ta famille, 
ET une relation amoureuse de folie, 
ET la liberté (ahem tous des trucs que j’ai décidé d’avoir :p ) bah faudra juste s’attendre à recevoir les complications et le travail qui viennent avec. 

« Be careful what you wish for » ils disent. 
Je crois que c’est la première fois que je le comprends vraiment. 

Et toi, dis-moi, tu veux quoi ?

Prêt à TOUT pour TOUT avoir ?  :D <3

(P.S : j'espère que tu kiffes mon bureau improvisé dans les vignes :p )

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