LE CÔTÉ OBSCUR DE LA FORCE

(L’écriture de cet article était super inconfortable et j’ai hésité à le partager. Mais pas le choix . Comme dirait Sheryl Louise Moller : « Dis la vérité, dis la vérité, dis la vérité. »
Just so you know <3 )

Hier une question m’est venue comme ça : « de quoi te protèges-tu Laura? »

Ha je sais, moi non plus je ne m’y attendais pas.

J’imagine que tu me perçois comme une meuf hyper joyeuse qui rit beaucoup, 
Qui partage énormément, 
Et qui aime la vie !

Et c’est vrai que ça me représente assez, 
du moins les jours où je fais en sorte de suivre ma joie.

Pourtant ça ce n’est qu’une partie de moi. 

Et crois-moi même si je l’adore, ce n’est jamais celle qui me fait réellement évoluer. 

Alors parfois quand je suis en phase de transformation, 
ce genre de questions difficiles me viennent très intuitivement. 

Quand j’ai commencé ma quête dans l’entrepreneuriat, j’ai fait un peu tout et n’importe quoi :
Je refusais de m’engager dans une voie,
Je voulais des résultats rapides, du cash facile, et du « putain c’est possible c’est ouf ça marche youpiii ! ».

Tiens savais-tu qu’avec mon premier business j’aidais les hommes avec leur profil tinder ? (je te jure il y a un sacré marché derrière !)

Evidemment tu t’en doutes, après les jolies photos et la bio qui cartonne, 
le travail le plus intéressant se cachait toujours au-delà de tout ça.

J’avais une facilité à voir ce qui les rendait uniques et merveilleux, 
et à leur montrer une image d’eux-même qu’ils ne connaissaient même pas. 

Je me sentais un peu comme une coach dans l’émission « Made » de MTV que je binge-watchais quand j’étais adolescente et je n’en revenais pas de voir les résultats incroyables que ces simples « relooking de profils » accompagnés de conversations puissantes, leur apportaient dans leur vie. 

Et puis un jour juste après une après-midi magique avec un client où on était allés débloquer des trucs super profonds par rapport à son estime de soi,
je me suis disputée violemment avec une amie en rentrant chez moi.

Ce n’est pas la dispute qui m’a le plus embêtée. 
Mais c’est les mots qui sont sortis de ma bouche à ce moment-là : 
Car c’était les mots exacts qui touchaient là où il ne fallait pas.
Tellement que je ne l’avais jamais vu dans un tel état.

Et moi je me comprenais pas. 

Je ne comprenais pas comment une partie de la journée j’avais su offrir autant de transformation et de joie, 
et juste après c’était l’inverse que j’avais appliqué avec la même facilité. 

De la lumière à l’obscurité en l’espace d’une journée. 

Et puis en repensant à ça je me suis souvenue d’un truc, quelque chose que des personnes très différentes m’ont dit de NOMBREUSES fois au cours de ma vie : 
« Laura, tu sais toucher exactement là où ça fait le plus mal. » 
(Crois-moi c’était jamais du positif.)

Et quand on te dit ça, je peux te dire que c’est très flippant :  
En fait quand tu réalises que tu sais trouver la blessure la plus intime de quelqu’un sans trop savoir comment et par pur instinct,
t’es pas vraiment content d’avoir « gagné » la bataille. 

Et c’est là que j’ai compris : derrière chaque talent se cache le revers de la médaille.

Alors j’ai repensé à ma vie. 

J’ai repensé à toutes ces disputes que j’avais eues avec des amis, des amants, des membres de ma familles, des collègues et même des anciens chefs. 

A toutes ces fois où les mots les plus étonnants et percutants étaient sortis de moi. 

Le nombre de fois où sans trop savoir pourquoi, 
je trouvais toujours hyper facilement ce qui les blessait très profondément. 

En fait de la même manière que j’attirais les autres par mon enthousiasme sans limites et ma réelle admiration pour leur unicité, 
je pouvais aussi les repousser et les blesser avec beaucoup d’agilité.

Disons que je sais souvent très intuitivement où se situe le talon d’Achille de quelqu’un. 

Je lis derrière les masques, 
je vois clair dans les cœurs,
et de la même manière que je perçois tout de suite la beauté de chaque humain, 
dès que je me sens menacée j’ai comme des flashs très puissants qui me disent : « vas-y, DIS-CA ! Tu sais que là ça fait très mal ! ». 

Le côté obscur de la force, quoi.

Le putain de Yang. Ou Yin. (Je sais jamais lequel est quoi, y’a des avis contraires sur internet ha.)

Oui, j’ai toujours su trouver la lumière chez tous les individus qui ont croisé mon chemin, 
et même chez ceux qui sont très éteints.

Mais en contre-partie, c’est parfois presque comme si je pouvais la prendre aussi. 

Et ça les amis c’est HYPER FLIPPANT. 

En voulant répondre à cette question : « de quoi te protèges-tu Laura ? »,
J’ai réalisé un truc perturbant: longtemps je me suis protégée de ce don parce que j’avais peur de faire souffrir
et de qui je pouvais devenir.

Alors j’ai préféré aider les humains en les tenant un peu à distance à travers mes écrits, des formations ou un mentorat sur des sujets précis qui demandaient surtout du « concret » et pas trop de profondeur, pour éviter de devoir toucher à ce don que j’estimais maudit. 

(Ce qui ne veut pas dire que ce que j’ai fait jusqu’à récemment c’est pas génial, hein s’il vous plait c’est toujours LA CLASSE avec Bibi ! :p ) 

Seulement voilà. 

Aujourd’hui je sais qu’à cause de cette stratégie, je joue encore petit. 

Trop petit par rapport à la hauteur de ma vision.

Trop petit par rapport à la puissance de ces pouvoirs que j’ai en moi.

Ooooh, que c’est inconfortable d’écrire ça !

Car oui, la vérité c’est que je suis terrifiée. 

J’ai très peur de cette abilité, 
cette facilité que j’ai à trouver super rapidement ce qui touche (et donc peut blesser) vraiment les gens. 

Cette même abilité qui m’a parfois fait perdre des amours ou des amitiés, 
de la même façon dont je les avais « gagnées ». 
(Le choix du mot c’est pour la rime hein, on s’entend !) 

Or je crois aussi que derrière se cache un immense talent. 

Et je sais que je n’ai pas le choix que de commencer à l’apprivoiser, 
pour apprendre consciemment à l’utiliser,
si je veux en faire quelque chose de beau, de grand et de vraiment impactant. 

AH JE TE JURE DES FOIS CE QUE JE MAUDIS CETTE QUÊTE CONSTANTE DE VÉRITÉ!

Urf, mais voilà, pas le choix.

Côté obscur de la force, je m’adresse à toi !!

Sache que JE TE VOIS.

Que je ne ressens plus le besoin de me protéger de toi.

Et que pour une fois JE NE TE FUIERAI PAS. 

J’accepte ta présence,
J’accepte ton danger, 
Et j’accepte ta responsabilité, 

Car je sais qu’en apprenant à te maitriser, 
C’est mes dons en entier 
Que je choisis d’honorer.

En contrepartie je te promets une chose : 
Je ne me cacherai plus. 

Dorénavant j’utiliserai pleinement TOUS mes talents afin d’aider un MAXIMUM de gens,
Et participer à accélérer
L’évolution de l’humanité. 

(Si t’es nouveau par là, OUI ON N’A PAS PEUR DES GRANDS MOTS ICI!)

***

Il y a deux livres que j’ai gardé de mon enfance. 

Harry Potter (qui a tout son lot d’ombre et de lumière !)

et puis une lecture étrange qui m’a hantée pendant toutes ces années. 

Ce livre c’est « Talents Cachés » de David Lubar.

Un livre sans doute inconnu, qui ne m’a pourtant jamais quittée. 

Si, si, même avec la méthode de Marie Kondo il me criait « garde-moi ! ». 

Car le personnage principal de ce livre, Martin, c’est moi. 

Et voilà ce que lui dit son meilleur ami vers la fin de l’histoire (attention spoilers !)

« Tu comprends Martin, quand quelqu’un t’approche de trop près, tu préfères attaquer en premier. 
C’est ta façon de te défendre. 
Et comme tu pressens les faiblesses cachées des gens, leurs secrets les plus enfouis, leurs désirs insatisfaits, tu cognes à cet endroit-là. 
C’est ton pouvoir. »

(Monologue interne de Martin) : - Il avait raison ! J’avais un talent secret rien qu’à moi. Un pouvoir, comme eux. Incroyable! 
Je pouvais décocher des flèches empoisonnées et atteindre le cœur des gens. - 

« Pour le moment, ce pouvoir ne m’a attiré que des ennuis. »

« Utilise-le différemment. Au lieu de blesser une personne, mets-la en valeur. »

« Je n’y arriverai jamais. »

« Tu n’as pas le choix. »

*** 

Aujourd’hui voilà ma question pour toi : « de quoi te protèges-tu ? »

Et qui sait, peut-être trouveras-tu une réponse aussi inconfortable que moi. 

Quant à ces histoires de super-pouvoirs, c’est vrai ce qu’ils disent tous ces autres : ça vient avec une sacrée responsabilité !

DAMN IT, et moi qui croyais pouvoir évoluer pépère sans trop aller chercher la merde derrière. 

Ah ben non hein, trop facile. 

Car voilà ce que je crois : 

Ce n’est qu’en embrassant pleinement le côté obscur de nos talents, 
Que l’on découvrira leur vraie lumière. 

Et c’est aussi de cette façon, 
que l’on pourra enfin les utiliser 
pour servir avec authenticité et générosité
le monde entier.

Avec Amour, 

Laura

***

Et toi, raconte-moi ?

Connais-tu le côté obscur de tes dons ?

De quoi te protèges-tu ?